François avait horreur des lépreux. La vue de leurs blessures et de leurs visages défigurés lui était insupportable. Probablement aussi parce que ces lépreux représentaient l’inverse de la vie de luxe, de plaisirs et de vanité que François avait vécue jusqu’à présent.
Un jour, alors qu’il chevauche dans la plaine, il croise un lépreux. Sa réaction immédiate est de fuir. Pourtant, une force intérieure le pousse à descendre de cheval. Il s’approche de cet homme défiguré, lui donne l’aumône et, dans un geste de pure folie évangélique, l’embrasse.
François a embrassé son lépreux. Il s’est réconcilié avec la partie la plus laide et défigurée de sa vie : les échecs et les hontes, les trahisons et les mensonges. En un mot, tous les péchés embrassés maintenant par la miséricorde.
Ce changement décisif est sa conversion. Dans son Testament, il écrira : « Lorsque j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir les lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux, et je leur fis miséricorde. Et, en m’en allant de chez eux, ce qui me semblait amer fut changé pour moi en douceur de l’âme et du corps. »
François ne voit plus une maladie affreuse, il voit une personne souffrante. Mieux, il voit le Christ en chaque homme. Désormais, sa vie ne se passera plus dans les palais, mais dans les taudis. Il ne donne plus seulement son argent, mais sa présence. Il devient, par ce baiser, le frère de tous les exclus et de tous les méprisés.
C’est pourquoi il choisira pour sa fraternité le nom de Frères mineurs, par opposition aux majeurs, qui désignaient ceux qui possédaient le pouvoir et l’argent dans la société de son temps.
Saint François d'Assise a laissé un magnifique commentaire du Notre Père à ses frères :
« Notre Père qui es aux cieux,
QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL : Que nous t’aimions de tout notre cœur, en pensant toujours à toi.
Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes : en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir, en partageant leur bonheur comme s’il était le nôtre, en les aidant à supporter leurs malheurs, en ne leur faisant nulle offense. »
* Illustration : Piero Casentini, Le baiser au lépreux
À vous la parole
2 commentaires
Rédiger un commentaire« Seigneur,
conduis-moi avec douceur vers ce que je fuis encore.
Apprends-moi à descendre de mon cheval intérieur,
à quitter la hauteur de mes peurs,
de mes jugements,
de mes anciennes défenses.
Donne-m... »
Marlène - 17 juin 2026 - 9:41
« Bonjour à toutes et à tous en ce Mercredi prions ensemble d'un même cœur merci beaucoup Seigneur Jésus pour ton amour 💘 et ta protection que tu nous offres chaque jour que nôtre Seigneur Dieu 💘 fait. ... »
Patrice Pascal - 17 juin 2026 - 7:15