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Évangile

Luc 12, 8-12

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En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu. Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu. Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné. Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz. Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. » 

Méditation

Le blasphème contre l'Esprit Saint
par Frère David Perrin
Écouter la méditation

Existerait-il vraiment un péché que Dieu ne puisse pas pardonner ? Comment cela serait-il possible puisque Dieu est Amour et Miséricorde ? Vous aurez remarqué que Jésus évoque le péché de ceux qui refusent de croire qu’il est le Fils de l’homme. Il ne dit pas le Fils de Dieu, mais le Fils de l’homme. Il vise donc ceux qui refusent de croire qu’il est le Messie. C’est un péché très grave puisque ces gens ferment leurs cœurs aux signes qu’il donne mais les signes ne sont pas des preuves. Ceux qui refusent de croire en sa messianité sont en partie excusables en raison de leur ignorance ou de leur faiblesse. La plupart, d’ailleurs, croient servir sincèrement Dieu en agissant de la sorte. C’est pourquoi Jésus, sur la croix, demande à son Père de les pardonner car ils ne savent pas ce qu’ils font. Le blasphème contre l’Esprit-Saint est différent. C’est un péché qui vise Dieu directement. Certains théologiens, comme Augustin, ont dit que ceux qui le commettent croient en la justice ou la miséricorde de Dieu mais qu’il les méprise. Comment ? En désespérant du pardon des péchés : « Je crois que tu veux pardonner. Mais moi tu ne peux me rejoindre ! Le pardon c’est pour les autres : je suis moi, impardonnable, injustifiable, irrécupérable. » Ou bien encore, ils pèchent en présumant de la miséricorde de Dieu mais sans la mériter : « Oh, je pèche, c’est vrai. Mais c’est ton job, Seigneur, de sauver et de faire miséricorde ! Je peux donc continuer tranquille. Tu vas bien me rattraper puisque tu es amour ! » 

Ces deux formes de mépris de Dieu sont dites irrémissibles, impardonnables, non pas en ce sens qu’ils ne puissent plus être remis d’aucune façon, mais parce que, de soi, ils ne méritent pas d’être remis. Il y a bien sûr toujours une chance, même pour les plus grands pécheurs, de se convertir, de finir par se soumettre à la toute-puissance et à la miséricorde de Dieu. Par elles, en effet, il arrive que de tels pécheurs soient spirituellement guéris comme par miracle. Mais les miracles, on le sait, sont rares. 

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