Frère Luc Devillers
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
Frère Luc Devillers
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
Évangile
Matthieu 23, 1-12
Écouter l'ÉvangileEn ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »
Si saint Matthieu nous invite à l’humilité, l’Église ne manque pas d’humour quand elle nous rapporte ces mots du Christ : « Ne vous faites pas donner le titre de Rabbi […] le nom de père […] le titre de maîtres » ! Car son histoire regorge d’individus appelés Père, Révérend Père, Monsieur l’Abbé, Père Abbé, Docteur ou Professeur ! Et que dire des Pères-Maîtres ou Mères-Maîtresses responsables des plus jeunes dans les couvents !
Savoir rire de soi-même, de nos travers et de ceux de notre Église, c’est indispensable à la santé de notre âme. Humour : ce merveilleux mot manque trop souvent dans notre lexique catholique. En français, il sonne comme un mélange d’humilité et d’amour. Pas de vertu plus nécessaire à notre progrès spirituel, à l’épanouissement de notre charité, que l’humilité ; or, il est difficile d’avoir de l’humilité sans un brin d’humour.
« Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. » Jésus a lui-même vécu cette leçon d’humilité, car il a pris la dernière place : « prenant la condition de serviteur… obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 7-8). La vertu d’humilité n’est pas qu’un moyen de nous laisser peu à peu dépouiller et envahir par la gloire divine. C’est aussi la voie d’accès au mystère même du Dieu-Trinité : don permanent du Père au Fils, du Fils au Père, dans l’Esprit Saint. Plusieurs spirituels de notre temps ont parlé de l’humilité de Dieu ; l’écrivain Christian Bobin préférait le Très-Bas au Très-Haut. Tel est le secret de la foi chrétienne.
Cette méditation vous éclaire ?
Partagez cette méditation avec vos proches:
Ou copiez et partagez le lien:
Chargement...
À vous la parole
0 commentaire
Rédiger un commentaire