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Évangile

Matthieu 11, 20-24

Écouter l'Évangile

En ce temps-là, Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, ces villes, autrefois, se seraient converties, sous le sac et la cendre. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous. Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome cette ville serait encore là aujourd’hui. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi. »

Méditation

De maudit à béni, par le chemin de l'humilité
par Frère Jean-Thomas de Beauregard
Écouter la méditation

La malédiction de Jésus sur Corazine, Bethsaïde, et Capharnaüm relève du constat. C’est le péché de ces villes qui, par lui-même, les condamne au malheur, bien plus que la parole de Jésus qui ne fait qu’attester ce malheur. Il en va de même à l’échelle individuelle, lors du Jugement qui attend chacun d’entre nous à l’instant de notre mort : c’est moi qui, par toute ma vie, ai écrit le document du jugement qui m’envoie au Ciel ou en Enfer ; Dieu ne fait que parapher ce document de sa divine signature.

Jésus ne reproche pas à ces villes les péchés de leurs habitants. Il accuse le refus d’entrer dans une démarche de conversion et de pénitence. Ce n’est pas pareil. Jésus ne condamne pas le pécheur pour tel péché grave : cela, il le pardonne bien volontiers. 

Ce que Jésus condamne, c’est le pécheur qui refuse de laver son péché dans l’eau de la miséricorde divine, qui s’obstine à refuser les secours de la grâce, qui ne veut pas changer de vie alors même que l’œuvre de Dieu s’y est manifestée. Ce que Jésus condamne, c’est l’orgueil du pécheur endurci. Le remède, c’est l’humilité.

Sainte Élisabeth de la Trinité écrivait : « Il me semble que l’âme la plus faible, même la plus coupable est celle qui a le plus lieu d’espérer, et cet acte qu’elle fait pour s’oublier et se jeter dans les bras de Dieu le glorifie et lui donne plus de joie que tous les retours sur elle-même, et tous les examens qui la font vivre avec ses infirmités, tandis qu’elle possède au centre d’elle-même un Sauveur qui vient à toute minute la purifier. »

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