Soeur Anne Lécu
Communauté de Paris
Soeur Anne Lécu
Communauté de Paris
Évangile
Matthieu 9, 14-17
Écouter l'ÉvangileEn ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »
Il est ici question de noces. Jésus vient sceller avec l’humanité une alliance absolument neuve, jamais encore imaginée tant elle dépasse tout ce que l’on peut concevoir : Dieu, en devenant homme, emmène l’humanité chez lui : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ».
L’image des noces dit cette nouveauté absolue : les noces marquent en effet un commencement, les conjoints quittent leurs père et mère et inaugurent une nouvelle cellule familiale dans laquelle une vie nouvelle sera espérée, attendue et, on l’espère, protégée. Pour signifier cette nouveauté, les habits des mariés sont choisis avec soin, le plus souvent neufs, et si ce n’est pas le cas, ils sont « comme neufs » et le vin de la fête est choisi, gardé avec soin dans des outres neuves, débouchées pour l’occasion.
La nouveauté du Christ inaugure un rapport absolument différent à la tradition qui n’est plus comme autrefois la duplication du même indéfiniment reconduite, mais la capacité à faire du neuf sans rien renier de l’ancien. Ainsi, Jésus devant la loi : il ne vient pas abolir, mais accomplir.
L’« outre chrétienne » que nous essayons d’être ne peut donc être une vieille outre durcie. L’outre est un sac de cuir, askos en grec, qui vient du verbe askéô, « travailler, s’efforcer ». Il faut donc que l’outre se laisse travailler par le vin nouveau qu’elle reçoit, et pour cela, qu’elle s’assouplisse, qu’elle prenne la forme du vin, qu’elle se laisse façonner. « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. »
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À vous la parole
12 commentaires
Rédiger un commentaire« Ne sommes nous pas rendu à un grand renouveau ou à un autre départ d'Église? Au Québec, où je demeure, l'Église est en train de mourrir petit à petit. L'Église devenue religion depuis l'année 325 a ét... »
MICHEL - 04 juillet 2026 - 19:33
« Suite au commentaire parti trop vite : je reste sur un sentiment mitigé et de compréhension inaboutie entre "ne pas mettre de vin dans de veilles outres" et que "la vieille outre se laisse travaill... »
mahona - 04 juillet 2026 - 17:17
« Merci, Soeur Anne, pour votre méditation.
Vielles outres, outres neuves.
Il y a bien des années, je me suis lancée dans la lecture de toute la Bible en quelques mois.
Passer de l'Ancien Testament au ... »
Geneviève Luciole - 04 juillet 2026 - 17:13
« "Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu.....pour accomplir" (Matthieu) La tentation, quand un objet du quotidien est trop usé, défraîchi et ne remplit plus... »
mahona - 04 juillet 2026 - 17:10
« Merci pour la sève de Jesus qui nous nourrit jour après jour. »
Tati - 04 juillet 2026 - 11:36
« "Notre Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit dieu" chantons nous parfois à la messe. C'est une méditation de Saint Irénée de Lyon. Il ne l'a pas dit exactement mot pour mot ainsi, mais c'était ... »
Chantal - 04 juillet 2026 - 10:40