Frère Bruno Cadoré
Couvent Saint-Jacques à Paris
Frère Bruno Cadoré
Couvent Saint-Jacques à Paris
Évangile
Marc 5, 21-43
Écouter l'ÉvangileEn ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.
Une petite fille sur le point de mourir. Une femme anonyme dans la foule qui cherche à guérir d’une maladie qui, peut-être, l’empêche d’enfanter. Confession de foi ? Confiance en la puissance magique d’un guérisseur ? Quoiqu’il en soit, la demande est pressante : sauve cette vie ! Dans les deux cas, l’entourage n’est pas très encourageant : à quoi bon chercher l’origine de ce toucher anonyme ? Ne dérange pas le maître, la mort a déjà fait son œuvre !
Et pourtant Jésus persiste. De celle qui voulait passer inaperçue, il reconnaît la foi, publiquement. Contre ceux qui se moquent de lui parce qu’il semble nier la mort, il sollicite la foi du chef de la synagogue. Dans les deux cas, Jésus se tient auprès de ceux qui désespèrent ; il s’adresse directement à qui il veut guérir, qui il veut relever. Dans les deux cas aussi, il implique l’entourage : dites-moi qui m’a touché, faites manger cette enfant. Au fond, il ne veut pas se contenter de relever de la maladie ou de la mort. Il veut aussi que ceux qui marchent avec lui prennent part à ce relèvement.
Tout se passe « sur l’autre rive », comme pour nous inviter à découvrir, avec la femme malade et le père dévasté, que la foi nous fait entrer dans un rapport nouveau à la vie. La femme est libérée de ces longues années de souffrance où elle se croyait impure et inutile. Peut-être en gardera-t-elle la mémoire, parfois douloureuse ; mais sa foi en un Dieu qui compatit et qui relève sera son soutien pour oser vivre. Le chef de synagogue était écrasé à l’idée de perdre sa fille, et peut-être se croyait-il puni pour on ne sait quelle raison. Le voilà, maintenant, debout et, dans la foi, il est un père qui se réjouit de voir sa fille inventer sa propre vie, découvrir le bonheur de servir le Dieu de la vie.
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À vous la parole
8 commentaires
Rédiger un commentaire« Ne crains pas,,crois seulement.
Quelle belle parole de réconfort!
Et comme nous aurions besoin d' entendre ces mots aujourd'hui! Par ces temps où tout est à l' envers, où le monde est déboussolé.
Merc... »
Modeline - 03 février 2026 - 17:32
« Merci, Frère Bruno, de nous avoir invités parmi la foule,
et suivre Jésus revenu à Capharnaüm…
Sur la berge, ils étaient si nombreux à se désoler !
« Jaïre, c’est un brave homme.
Il a déjà tant fait p... »
Paul (Belgique) - 03 février 2026 - 14:01
« Merci frère Bruno,pour ma part aujourd'hui je garde la Parole de Jésus.
Ne crains pas ,crois seulement.
Je la rumine depuis ce matin pour qu elle agisse en moi, et me libère.,sûre du regard de Jésus s... »
Hélène - 03 février 2026 - 13:44
« Merci Frère Bruno pour votre méditation.
Sans doute pour des raisons très personnelles, ce que je retiens surtout à la lecture de cet évangile, c'est le geste de cette femme qui souffre de pertes de s... »
Geneviève Luciole - 03 février 2026 - 13:40
« Moi aussi, je suis fatiguée moralement, soutenir, aider, prier, et on vous soupçonne d'être gentil par intérêt. Stop, je ne suis pas Jésus ni une sainte. J'ai besoin de guérison aussi et de porter Jés... »
Reg - 03 février 2026 - 9:44
« Bonjour à toutes et à tous, prions ensemble, merci beaucoup Seigneur Jésus pour ton amour 💘 et ta protection que tu nous offres chaque jour que nôtre Seigneur Dieu 💘 fait. AMEN. 😘😘💝💝🙏🙏🙏🙏🙏🙏🙏😘😘... »
Patrice Pascal - 03 février 2026 - 6:39